Nous enterrons les morts. Voilà la tâche gigantesque des troupes armées et des volontaires qui, en Tasmanie, vont aller, de proche en proche, à la découverte des personnes décédées, en espérant retrouver quelques survivants à une catastrophe sans précédent. Elle est sobrement évoquée en ouverture de film que l’on croirait issue des actualités. Une onde magnétique aurait causé ce désastre aux accents trumpiens.
Une voix off, angoissée, va nous informer sur ce déploiement gigantesque de moyens. Une jeune femme est au nombre des volontaires, son mari étant en mission dans la région, au moment du désastre.
C’est elle que nous suivrons dans cette quête désespérée sur l’île de Tasmanie, au large des côtes sud de l’Australie. Au Sud de cette île se situe la ville de Woodbridge vers laquelle, en dépit des interdictions, notre héroïne va se rendre en surmontant des rencontres plus épouvantables les unes que les autres dans une sorte de road movie. Ces corps voués à la fosse commune - images rappelant celles que nous avons vu parfois durant la pandémie de covid - tous dans cette histoire-ci ne sont pas morts.
Et lorsqu’ils se manifestent, c’est essentiellement par des grincements de dents tout ce qu’il y a de plus harmonieux ! L’écoute par deux fois de Lascia ch’io pianga de Haendel adoucit à peine nos oreilles.
Le principe de la sortie des enfers est ici inversé puisque c’est Orphée qui est recherché par Eurydice qui, de surcroit, est enceinte. Bien entendu les retrouvailles vont réserver quelques surprises.
Il faut reconnaître à ce film la qualité de ces grands récits de guerre, avec des images (souvent filmées par un drone) et un mélange assez réussi avec des images, plus convenues, de ces morts (encore) vivants qui créent l’effroi.