Ce n’est pas un tsunami, mais une lente découverte de cette zone tragiquement ravagée par l’eau, qui s’est retirée, et la radioactivité qui est encore là, invisible, mais qui rappelle comme les cicatrices et les douleurs enfouies, le drame du 11 mars 2011.
Les mises en garde, les espaces interdits, les espaces abandonnés aux bâtiments désertés, en ruine, et les quelques reconstructions qui se veulent accueillantes mais qui n’accueillent que peu de gens dans cette petite ville, Namie, ruinée comme une sorte d’Hiroshima de l’air industriel. Ce bourg est situé à 8 km de la centrale nucléaire et il a fallu attendre mars 2017 pour qu’une partie de cette agglomération soit déclarée à nouveau « habitable ». Elle comptait 21 000 habitants avant le catastrophe, à peine plus de 1 500 y vivent actuellement.
Tout cela est d’un lugubre très particulier.
Le jeune réalisateur belge de ce documentaire va vers les gens, les observe, les écoute, les filme discrètement. C’est très contemplatif et lent.
Et il laisse percevoir une préoccupation écologique qui va au-delà du sensationnel car elle interroge notre approvisionnement en énergie électrique, notre dépendance à l’industrialisation et notre manque de respect pour les ressources naturelles, un peu comme si nous étions sur une trajectoire sans retour.