Wire, ce n’est pas une corde, c’est un fil métallique, électrique. Utiliser la traduction française du film italien Una lunga fila di croc est trompeur.
Ce réalisateur né en 1952 est devenu au fil d’une longue et complexe carrière (15 longs métrages, 20 courts métrages) un monument du cinéma, maintes fois primé.
Il est impossible de résumer son œuvre à une seule tendance, un seul style, mais plus d’une fois, ce sont des personnages issus de la réalité qui ont inspiré son travail.
C’est le cas ici puisque en février 1977 un homme aussi désespéré que déséquilibré prend en otage le fils d’un homme d’affaire à qui il reproche d’être la cause de sa ruine. Cet homme d’affaire est interprété par un Al Pacino qui vaut, à lui seul, de voir le film.
Le récit restitue visuellement et d’une façon admirable, l’époque. Et l’on s’étonne qu’un tel fait divers soit géré d’une façon aussi complexe, humaine, alors qu’aujourd’hui il est probable que ce délinquant aurait été immédiatement abattu sans autre forme de procès.
Ce qui est intéressant dans le récit, c’est l’intervention des médias et le clivage social qu’ils vont générer entre les « pour » et les « contres » qui expriment évidement l’idée que ce fou est la victime.
Il y a une réflexion de fond qui est suscitée sur la sempiternelle question de savoir si l’on peut se faire justice. Et si certains méfaits ne sont pas condamnables alors qu’ils ont l’apparence d’une parfaite légalité.
Ce film a été tourné rapidement ce qui explique l’impression de certaines répétitions, de certaines longueurs. Mais il ne faut pas se mettre la corde au cou pour aller le découvrir.