Happy birthday Mister President sera chanté en arabe lors du 50^e^ anniversaire de Saddam Hussein, né sans doute le 28 avril 1937. Le film se déroule en avril 1996 lors de la guerre du Koweït.
Nous allons suivre Lamia, une adorable préadolescente, accompagnée par son coq, véritable animal de compagnie, porté en bandoulière.
Elle vit avec sa grand-mère dans les marais mésopotamiens, lieux envoutants et superbes, à l’origine peut-être de l’expression Les Jardins d’Eden. Ces marais sont au Sud de l’Irak, vers le golfe persique. On ne s’y déplace qu’au moyen de barques dont les proues effilées leur donnent une fragile élégance. Et l’eau potable n’y est accessible que par camion-citerne.
L’ambiance est à l’autoritarisme véhément et le maître d’école caporalise à tous propos.
Voilà que notre petite élève est désignée pour préparer le gâteau qui permettra, en classe, de célébrer l’anniversaire du tyran adoré pour lequel les foules vocifères en cohorte « Nous donnons notre vie et notre sang pour toi Saddam Hussein ».
Commence alors pour Lamia et sa grand-mère une Odyssée qui les amène dans la grande ville de Bassora, à la recherche des ingrédients nécessaires. Du milieu scolaire, nous passons au transport automobile, au milieu urbain, puis à l’hôpital, à la police, dans une quête de plus en plus désespérée de la farine et du sucre pour fabriquer ce gâteau.
Tout cela est filmé avec un sens aigu du dépouillement et de la beauté, avec une subtilité dans la description des très nombreux personnages que nous allons croiser. Ils sont tous « amateurs » et tout à fait convaincants. Ce film est de ceux, rares, qui, sans vedette, sans scandale médiatique, nous font découvrir le monde. Et c’est vraiment du gâteau.