C’est littéralement ce que nous explique ce film, bien documenté, bien mis en situation et d’une façon haletante.
Une chaîne fictive de 600 grands magasins Derval est en pleine période de négociation avec ses fournisseurs. Une responsable du rayon laitage est intégrée à ce « mercato » sous la supervision d’un véritable « tueur » dans les négociations.
Le défi à relever, c’est de maintenir, voir baisser les prix aux dépends des producteurs, ici de laitages, qui eux-mêmes devront faire pression sur leurs fournisseurs de matière première, essentiellement les fermiers qui produisent du lait. Tout cela au motif qu’il faut bien nourrir les gens aux revenus très modestes, la moitié de la clientèle.
A ce mécanisme de rapport de force s’ajoutent les considérations « à la mode » : l’écologie, le bio, l’injonction de consommer local.
Ce film est un excellent cours de marketing, tous les ingrédients, tous les lieux communs de la grande distribution y sont au moins évoqués.
Des rapports familiaux, amoureux, humanisent un peu les moments très violents de bras de fer, de chantage à la limite de la légalité.
Si la musique m’a semblée très mécanique, la photographie elle est très affirmée, intéressante, donnant à l’image une froideur glaciale qui correspond si bien aux affrontements qui jalonnent ces quelques journées qui doivent permettre de signer avant une date butoir, les conventions pour l’année suivante.
Ana Girardot, la fille d’Hippolyte, est particulièrement convaincante et Olivier Gourmet s’en sort avec les honneurs dans ce rôle de sale type brutal, au dialogue de lance-flamme.
C’est lui qui assène la réplique clé : A la fin c’est toujours une question d’argent. Ce qui résume bien cet univers rarement disséqué où le chantage à l’emploi et l’omerta sont des ingrédients qui n’ont pas de prix.