Angelo. Un biopic hagiographique qui édulcore la face cachée de ce diable en chargeant le père qui l’a instrumentalisé pour faire de l’argent après l’avoir dressé à coups de ceinture et endoctriné par ce dogme « Dans le monde, il y n’y a que des gagnants ou des perdants ».
L’acteur qui interprète Michael dans son jeune âge est absolument charmant. Par contre, lorsque deviendront célèbres les Jackson Five, les 4 autres n’auront pas même droit à un gros plan.
Cela dit, le film est mené de façon sensationnelle, avec des concerts tonitruants, des séquences intercalaires pour faire avancer l’histoire qui sont parfaitement interprétées et mises en scène.
Le film est cadencé par des repères chronologiques que les connaisseurs apprécieront : La jeunesse en Indiana en 1966 et la création du groupe. 1968 et 1969 Los Angeles.
La vision de Gene Kelly dans Singing in the rain est évidement l’une des sources de la vocation, comme les prestations de Fred Astaire toujours filmées « en pieds » pour que son jeu de gambes si inspirant soit apprécié.
En 1978, changement d’acteur et l’on doit s’habituer à cette voix haut perchée, mal posée et enfantine. La performance du neveu est éblouissante.
On entre dans un univers incroyablement kitch, baigné du syndrome de Peter Pan.
Ce n’est qu’en 1983 que Michael deviendra la super star. Il ne résistera pas au retour en force de la famille qui devra se vendre à Pepsi. Suivra la séquence des brûlures et en 1984 le Victory Tour qui termine le film en 1988.
Une production comme il en existe peu. Heureusement diront les détracteurs. Mais qui a l’immense mérite de prolonger l’hystérie que cet artiste hors pair générait par son talent et sa personnalité. Une sorte de singe de foire comme ce charmant animal qui prend part à la vie de l’artiste, lui rappelant sans doute que c’est le regard des autres qui, finalement, vous porte aux nues où vous déconsidère avec cruauté. Ce film témoigne de l’adoration. Il nous épargne la détestation et perpétue la légende.