Un diablement bon film ! N’ayant pas vu le précédent, j’ai sans doute raté certaines références, des clins d’yeux à destination des spectateurs d’il y a 20 ans.
Ce film-ci est d’une beauté formelle admirable et rien que la contemplation des tenues portées par les actrices, mais aussi les acteurs, est un rare plaisir tant ces vêtements sont sublimes. Ce film illustre magnifiquement le triomphe de l’élégance et de la vanité. Mais aussi des rapports de pouvoir dans le monde des affaires, parfois violents, même s’ils ne sont que murmurés. L’ambiance dans laquelle baigne tout ce beau monde est celle de l’emprise croissante de l’argent sur les médias, un problème qui gangrène nos démocraties. Parce que les groupes financiers, les annonceurs, ont les moyens d’infléchir la politique éditoriale des médias. Certes ici, il s’agit d’une revue sans autres contenus que la mode, mais c’est évidemment pour simplifier le propos ; et le rendre plus percutant aussi.
Les gens qui gravitent dans ce monde de la futilité et du luxe doivent faire sans cesse preuve de leur excellence dès qu’ils débarquent dans un nouveau job à responsabilités éditoriales.
Une réplique terrible relègue une collaboratrice qui s’entend dire « Vous n’êtes pas visionnaire, vous êtes vendeuses ».
Telle est l’ambiance confraternelle dans ce petit monde du luxe qui va se réunir à Milan pour un week-end de social network qui est un spectacle fascinant.
Meryl Streep, lorsqu’au début du film, elle descend de voiture avec une somptueuse robe rouge, elle illustre parfaitement la supériorité de son talent, son élégance souveraine et elle donne de sa personnalité une image indépassable. Anne Hathaway arrive à lui sourire d’une façon tellement éblouissante que personne ne pourra lui résister.
Un film sur la futilité qui évoque de graves questions. Est-ce une manière de rester en Vogue ?