Un parfait exemple de Bourgeois gaze pour reprendre le titre du livre de Rob Grams qui, par imitation du concept de Male Gaze théorisé par Laura Mulvey en 1975, caractérise la cinématographie des mâles dominants, ici dans un milieu français de la grande bourgeoisie provinciale cossue.
Le film débute par un deuil et la réunion de famille qu’il impose à une abondante fratrie peu à l’unisson. Le frère du mari apprécie beaucoup sa belle-sœur.
Mais il n’est pas le seul. Un étrange personnage surgit et va créer une ambiance très ambigüe faite d’un mélange de sensualité et de mystère.
Pratiquement tout le film se déroule dans une maison opulente où règne une ambiance pesante, où les personnages masculins (il y en a 4 dans le film) servent en quelque sorte de démonstration des différents travers des hommes. Quand à l’épouse quasi réduite au rôle du papier peint, on comprend bien l’intention d’en faire une potentielle Madame Bovary, un personnage mauriacien, une de ces femmes que Chabrol affectionnait.
Mais malgré les qualités classiques de la mise en scène, un casting très juste, la film manque de rythme et déçoit après L’Ordre des médecins (595) que ce même réalisateur avait me semble-t-il, mieux réussi.
C’est dommage parce que l’on aurait bien aimé savoir qui rendrait cette femme heureuse.
Le film nous laisse un peu comme elle, ennuyé.