Voilà un film à voir, comme moi, sans rien en savoir.
Nous suivons durant tout le film une famille iranienne, depuis la fin de la dictature du Shah jusqu’à aujourd’hui.
Tout le monde parle un français bien parisien, et c’est troublant. Ce qui trouble aussi c’est le ton « comédie » pince-sans-rire donné au récit et aux personnages.
Mais dès que l’on intègre cette maladroite façon de diriger des acteurs pour faire « léger », l’histoire vous prend aux tripes : la prison à Téhéran est aussi affreuse que dans Midnight Express, la souffrance des résistants politiques aussi héroïques que durant l’occupation nazie.
Une longue et belle séquence montre la route de l’exil vers la Tur-quie dans des montagnes enneigées.
Puis le film décrit, par le menu parfois, l’intégration à Paris.
Tout cela est assez mal construit, mais permet des scènes excellentes, des récits qui s’entrecroisent, l’arrivée de personnages nouveaux qui relancent le récit de façon intéressante, enrichissante.
Ce qui restera sans doute de ce film, c’est la tentative de description d’un déchirant combat et de l’intégration réussie ensuite dans des conditions loin d’être évidentes. Bref, les bonnes intentions compensent un peu le manque de maitrise qui aurait pu faire, de ce sujet, un film fort. C’est d’autant plus décevant que le film est très largement autobiographique ; que l’histoire des parents du réalisateur s’est déroulée comme cela et que cet aspect émouvant semble un peu estompé ; par pudeur ?