La question restera sans réponse après ce véritable festival « Laure Calamy » qui est prodigieuse dans le genre comédie légère. Certes ses répliques sont aussi bien ciselées que celles de ses partenaires, en particulier sa fille interprétée brillamment par Céleste Brunnquelle. Voir le visage de Calamy, ses gestes et ses yeux qui filent dans tous les coins, son sourire dont on ne peut jamais savoir ce qu’il annonce de tendresse ou de cruauté, de drôlerie ou de sarcasme, ses silences qui précèdent ses répliques comme ce moment suspendu avant que l’archer ne décoche sa flèche. Tous cela vaut à lui seul de voir cette comédie amusante par son sujet : l’annulation par l’autorité ecclésiastique d’un mariage catholique.
Inutile de dire que le ridicule le dispute à la stupidité, essentiellement par les arguments évoqués et les plaidoiries consternantes que des spécialistes de ce genre de pantalonnades sont obligés d’échafauder. On évoque même l'hyperesthésie comme argument, une exacerbation pathologique ou fonctionnelle des sens. Vous devinez de quelle exacerbation l’épouse pourrait être accusée… Et cette procédure amène tout ce petit monde à Rome où ils rencontreront le Pape ! Mais pas n’importe lequel, un Pape semblable à celui de La Grazia (1839).
Inutile de souligner les faiblesses du scénario qui passe par des moments moins bien soutenus, des longueurs inutiles et des événements très prévisibles.
La vie de famille semble être le terrain de prédilection de ce réalisateur qui signe ici son 4e long métrage mais qui a dirigé aussi des épisodes de série. Ce que l’on garde de cette projection, c’est un moment qui, comme sur un gâteau de mariage, ajoute de la crème, des paillettes et de la douceur à ce qui fonde les liens familiaux et que, parfois, l’on appelle l’amour.