C’est Mozart qu’on ressuscite ! Avec un talent brillant, un scénario hilarant, et des réflexions d’une grande modernité et actualité qui donnent à cet excellent film une profondeur que l’humour ne fait que mettre en valeur comme les saveurs d’un plat superbement préparé.
L’histoire apparente est la mise en scène des Noces de Figaro par une très jeune débutante choisie pour faire plaisir au riche papa de la chanteuse ; c’est lui qui paye la production pour sa fille qui n’est pas tout à fait à la hauteur du rôle de Suzanne, la première camériste que le Comte tentera de séduire.
S’en suivent d’innombrables gags, répliques et situations aussi amusantes que bien imaginées, avec le célèbre opéra en contrepoint.
Ce qui ajoute beaucoup au film est l’enjeu « post me too ». « C’est à cause de Me Too que les hommes n’osent plus conclure » est une des répliques qui, avec « Sainte Mi Touchée » amène cette réflexion au cœur de la vie, dans ce spectacle (et ailleurs), des femmes qui « à tous les âges sont trop vieilles ». Et l’on apprend le terme de presbyphonie qui désigne le vieillissement naturel de la voix.
A découvrir à l’écran, vous ne serez pas déçus.
Le film commence par un rappel technique, celui des difficultés qu’il y a eu à fixer la hauteur de la note LA à 440 Hz, décision prise en 1936 et confirmée en 1955 seulement ! C’est une sorte d’avertissement liminaire des difficultés qui seront rencontrées durant ce film très musical pour accorder les un(e)s avec les autres.
Ensuite commence une série d’auditions-casting des chanteuses qui nous plonge dans la préparation du spectacle.
Les mots sans doute les plus prononcés durant le film sont « excusez-moi – pardon – je m’excuse » et cela fait réfléchir à l’objet de ces excuses, à ce qui a offensé et à la réaction de la personne offensée. Vous verrez que ce n’est pas toujours simple !
Agnès Jaoui ne se contente pas de réaliser ce film, elle y interprète avec verve le rôle de la Comtesse. Elle est parfaite dans ce personnage véhément à qui on ne la fait pas.
Daniel Auteuil est excellent, égal à lui-même en chef d’orchestre et Eye Haïdara en Chérubin est, une fois de plus, percutante comme dans La Maison des femmes (1844) Six jours, ce printemps-là (1808) et tant d’autres.
La question débattue dans ce film est de savoir ce qu’est « toucher le corps » sans le consentement de la personne touchée. Est-ce une agression sexuelle ?
Et à quel moment ce geste devient une violence et donc l’objet d’un délit.