Valeur sentimentale (1752) nous avait déjà magnifiquement proposé ce thème du père, metteur en scène, qui essaye de convaincre sa fille adulte de participer, comme actrice, à son prochain film. Ici, le père obtient l’accord de sa fille qu’il retrouve après 13 ans, lors d’un repas en tête à tête qui, au début du film, dure 18 minutes en champs/contre champs, tourné en une seule prise et avec des longues focales qui isolent les visages en très gros plans.
Le père présente son projet de film historique en lien avec le Sahara Occidental. Et nous allons suivre ce tournage, ce film est donc un « meta film » ce qui ne manque pas de charme car c’est souvent amusant de voir les coulisses d’un tournage. Mais aussi les obstacles psychologiques, les tensions avec le metteur en scène. Et bien entendu l’évolution complexe, douloureuse, des rapports entre le père et la fille retrouvée car, entre eux, les comptes à régler sont nombreux.
De ce réalisateur, j’avais commenté déjà El Reino (651) et As Bestas (1015), films puissants, très construits, d’une écriture singulière. Tel est encore le cas ici mais les longueurs et certains effets dans l’image affaiblissent l’impact émotionnel auquel on serait en droit de s’attendre pour ces retrouvailles, sur un plateau de tournage de surcroit. Une scène de repas qui est tournée pour les besoins du film historique est un morceau de choix.
Ici L’être cher est approché de façon un peu maladroite, laissant à la beauté des images et au talent des acteurs, le soin de charmer un public que le scénario n’étouffera pas de complexité.