Ce mot espagnol caractérise une remontée spectaculaire d’un parti ou d’un homme politique, par analogie à son usage dans le monde sportif depuis 2017 lorsqu’en Ligue des Champion, FC Barcelone a gagné contre Paris Saint-Germain, comme chacun s’en souvient.
Ici le club de foot est plus discret, organisé à Trémolat, un charmant village en bord de Dordogne dans le Périgord. C’est là qu’un groupe de femmes cinquantenaires est décrit magnifiquement par ce documentaire qu’il faudrait qualifier de reportage tant il est dynamique, riches en témoignages amusants, émouvants et surprenants.
Et il illustre par ce mot la volonté de défier les années qui passent pour donner du sens à celles qui nous restent.
C’est le ballon qui les réunit et elles retrouvent des sensations de l’enfance. Et tant d’autres choses.
Pour cela, il faut « oser » et si elles ont autant de joies que de pudeur, lorsqu’elles livrent leur corps dénudés à une photographe de grand talent pour éditer un calendrier à la façon de Calendar Girls de Nigel Cole ou The Full Monty de Peter Cattaneo, ces femmes cinquantenaires prouvent qu’elles n’ont pas encore atteint leur date de péremption. Et que ce n’est pas le sujet en soi qui fait la beauté, mais le regard porté sur lui. Le cinéma nous permet sans cesse ce plaisir renouvelé.
Ce film est une leçon de vie qui démontre chez ces femmes, le ballon au pied, toute l’énergie, les ressources et l’humanité dont elles sont capables. Et qui les emmènera loin, au sens propre comme figuré.
Le foot redevient ce qu’il devrait être, un moyen de relier, de s’épanouir, pas de se confronter, de se désunir. Chez Les Reines du foot, on ne compte pas les points, on joue pour le plaisir.
Et pour celui des spectateurs qui vont découvrir une rare et très belle aventure.