Un film qui pèse tout le poids du métier américain, avec un positionnement politique progressiste très appuyé.
Le casting est très brillant, surabondant de talents en tous genres. Les décors, les reconstitutions, les positions de caméra, tout est très élaboré, vigoureux et peu conventionnel.
Cela va à toute vitesse et laisse, je le crains, le spectateur un peu déboussolé tant le sujet est abstrait : la manipulation financière que d’aucuns estimeront délictueuse, d’autres, l’expression d’une certaine forme de liberté, celle de l’imagination de produits financiers qui auront ruiné des millions de gens de par le monde en 2008.
Le film est heureusement de parti pris, celui de démontrer le cynisme, l’imagination mafieuse, la violence sociale, sans la moindre compassion des assoiffés de profits pantagruéliques. Sous des enseignes très respectées alors.
Mais tout cela est terriblement compliqué, d’une technicité que seuls des experts peuvent suivre et démêler, dans un jargon constellé d’acronymes abscons qui contribuent à l’opacité des malversations. Et qui seront la source des ukases entre « pour et contre » au motif que, bien entendu, le film fait des simplifications, des erreurs, des caricatures.
Tout passe donc par les dialogues, et ceux-ci ont pour cadre le plus généralement des bureaux, des lieux de travail. Malgré les louables efforts faits pour nous amener en boîte de striptease et à Las Vegas. Mais ces paillettes ne jettent pas une lumière suffisante sur les arcanes de la finance que le film entend dénoncer ; avec force.
En sortant de cette course de bourse, l’envie vous prend de lire le roman qui l’a inspirée. Avec les pauses nécessaires, Wikipédia pour documenter les concepts, le jargon et les personnages clés. Un film marquant mais difficile à déchiffrer.