Ce titre est celui du septième album studio de Marianne Faithfull produit par Mark Miller Mundy en 1979, créé à la mi-temps d’une carrière dans laquelle le talent et l’extraordinaire se mêlent avec une richesse incomparable. La chanson titre est très politique qui interpelle les terroristes et la génération qui a perdu les illusions des ’60 glorieuses.
Ce film est un anti-biopic exceptionnel comme peut-être ceux consacrés à Amy (139) ou à Joan Baez (1381) par exemple. Il est constitué d’une immense quantité de documents de tous ordres (audio, vidéo, photos, articles de presse, …).
Mais ici le miracle tient au fait que Marianne Faithfull elle-même est présente, certes âgée, dépendante d’oxygène administré par des tuyaux. Et elle commente tout cela ; les journalistes en prennent pour leur grade de fouille-merde, de voyeurisme et de veulerie !
Cette artiste a un bilan de 20 albums qui ont profondément imprégné sa génération, et sa vie très riche, tumultueuse et fascinante n’a pas tué le talent de cette femme.
Le dispositif du film consiste à inventer un Ministère du non-oubli qui dispose de toutes ces archives qui sont consultées dans un environnement de studio radio sous la supervision d’une Tilda Swinton aussi discrète qu’impressionnante.
Le montage est brillantissime et les images sont tournées avec une agilité et un sens du mouvement, dans cet espace exigu, qui maintient un rythme, une attention constante alors que l’actrice âgée est assise et l’interviewer pratiquement immobile aussi. Une immense leçon de cinéma.
Le couple de réalisateurs travaille brillamment sur de nombreux sujets tels des « installations » des documentaires et d’autres créations proches du monde musical mais pas seulement. Leur œuvre n’est pas à casser mais à découvrir.