Un dessin animé syncrétique par son style graphique d’abord, aux confluences de Popeye, d’Hara-Kiri et de la ligne claire mais aussi par le propos qui, sans didactisme, mais avec une verdeur décomplexée, s’attaque aux comportements sexuels non conventionnels. Et c’est très amusant, sans doute instructif pour celles et ceux qui ne suivent pas l’actualité LGBTQI+ avec la ferveur d’un supporter de foot.
Dès le départ, le spectateur est confronté à l’outrance, celle des rois de la gym, de la gonflette, les Jim Queen qui se dopent et font de la musculation pour sculpter leur corps et l’offrir aux convoitises sexuelles de leurs semblables homosexuels. Mais pas seulement. Nous allons suivre un adolescent attardé, que l’on qualifie dans ce milieu de « twink », fils de la ministre française Christine Bayer (Bayer pour la société pharmaceutique bien connue incriminée dans le scandale du sang contaminé et la production de la chloroquine ; le prénom est celui de la ministre Boutin, ultra réac. Et homophobe).
Son fils trop couvé tarde à faire son coming out, mais va se lier à un monsieur-muscle qui est en train de les perdre à cause du virus « hétérose » qui transforme les homosexuels en hétéros ! Ce virus ne peut se soigner que grâce à la « chloroqueer » qui n’est qu’une lourde allusion de plus, ici à la chloroquine approuvée par Trump et Bolsonaro, deux grands virologues, lors de l’épidémie de la COVID, soutenus par le professeur Raoult !
Partant à la recherche de ce médicament miracle, notre couple va nous emmener comme Alice au pays de merveilles, mais dans des univers de back room, de crusing gay (la drague anonyme entre hommes dans les lieux publics), le cottaging (lorsque c’est dans les w.c. que se pratiquent ces rencontres), de gaydar ou transdar (qui sont les manières intuitives d’identifier les choix sexuels), de folles extravagantes et évidement de « gaystapo » sans oublier la problématique des lavements préalable à tout espoir d’orgasme prostatique.
Bref un vrai voyage initiatique peu recommandable pour les âmes pudibondes, mais tellement débridé et joyeux que l’on y admire même des seins animés.