Encore un film gay pas très gai. Mais tellement touchant. Nous allons suivre la vie d’un homme d’âge, il a plus de 70 ans, qui vit sans inhibition les joies de son homosexualité gourmande et anonyme dans des rencontres de plage puisque, comme nous l’indique le titre du film, nous sommes dans une station balnéaire située au sud de l'île de Grande Canaries où, semble-t-il, la communauté gay s’épanouit dans toutes ses activités.
Cette voracité crépusculaire pour ce père et grand-père manque de finir en épectase mais heureusement, ce n’est qu’un AVC qui lui provoque tout de même une asymétrie motrice. Elle va se résorber progressivement et oblige la fille de notre gay papy à le placer dans une Maison de Repos et de Soin. La description de cette MRS est en soi réjouissante et vous le découvrirez avec amusement (et plaisirs), pleine de promesses. La chronologie du film est délibérément contemporaine de la COVID ce qui accentue encore les questions d’isolement. L’usage de la langue basque sera aussi l’un des codes de communauté comme semblent en être friand ces hommes avides de vivre malgré leur marginalisation et le recours au « gaydar » pour nouer les liens qui donnent accès à leurs pulsions dévorantes.
Le film est traité comme un reportage et la caméra va à la rencontre de l’inattendu, comme un regard fouineur qu’aucune mise en scène ne semble guider. José Ramón Soroiz est émouvant dans sa quête tardive mais déterminée pour vivre ses envies qui lui donnent un bonheur longtemps refoulé par les convenances sociales que sa fille incarne avec un subtil talent.
Ce film s’inscrit dans un corpus de plus en plus documenté sur l’homosexualité masculine adulte, abordée de front, comme par exemple, Le Secret de Brokback Moutain, 120 battements par minutes, Harvey Milk, Call me by your name (485) Eastern Boys (81) Été 85 (773) Pillion (1911) Le Lycée (1227) ou plus récemment Jim Queen (1962).