Tarantino tel qu’en lui-même. Trois qualités : images – cadres - lumières superbes, un casting exceptionnel et une construction scénaristique digne des meilleurs polars, des champions d’échecs. Il s’agit pratiquement d’un huis-clos, mais sans Jean-Paul Sartre, car le sujet est d’une vulgarité et son traitement d’une violence habituelles chez ce très grand metteur en scène. Nous sommes pratiquement enfermés dans une sorte d’auberge, durant quelques heures, pendant qu’une tempête de neige rend tout mouvement extérieur impossible.
C’est admirablement écrit et dialogué, un peu bavard, d’une imagination folle dans les mécanismes d’horlogerie qui font avancer l’intrigue.
Mais le spectacle d’abattoir humain est aussi répugnant que d’habitude chez ce cinéaste ; au générique d’ailleurs, les responsables des effets spéciaux sont les premiers crédités...
C’est donc du cinéma parfaitement inutile, tellement écœurant que l’on en sort fâché que tant de talent soient ainsi mis au service de ce qui n’est qu’un jaillissement d’hémoglobine et des coups en tous genre.
La question que je me pose est de savoir si le succès de ce genre de spectacle n’est pas en lien avec les contes de fées, les tableaux de Bosch. Et qu’ils jouent donc le même rôle cathartique. Après les attentats de 2015, cela permet en quelque sorte de voir les images qui nous ont manquées, celle des corps qui explosent. Charmant.