Une parfaite réussite, un récit d’une intense émotion, intime, qui se déroule dans une famille « ordinaire ».
La grand-mère a une fille athée, mariée et mère d’un gamin. La grand-mère a aussi un fils, veuf, père de 3 filles. C’est l’ainée dont nous allons suivre le chemin (de croix) vers sa vocation religieuse.
Le film montre de façon très équilibrée la recherche de la vocation sincère, d’une part et d’autre part la désespérante conviction que c’est de la fumisterie. L’athéisme, celui de la tante particulièrement impliquée dans la vie de sa nièce orpheline, n’arrive pas à faire obstacle à cet embrigadement, faute de je ne sais quoi qui laisse le champs libre aux croyances.
Le récit est d’une grande fluidité, les éléments se succèdent simplement et interagissent d’une façon évidente. La jeune fille termine ses études moyennes et réfléchit à ce qu’elle pourra entreprendre.
Elle chante dans une chorale mixte. Et bien entendu, elle sera « pécho » par un jeune homme, bien sous tous rapports. Mais elle souhaite aussi entamer le parcours d’intégration dans une communauté religieuse. Celle-ci dispose aussi d’une chorale… Ces chants donnent au film une élégante élévation spirituelle.
Nous allons être témoins de mécanismes du contrôle social et du rituel du cycle des jours dans cette communauté de religieuses, bien sympathiques et attrayantes.
La question du discernement de cette toute jeune fille est au cœur de nos réflexions et l’on ne peut s’empêcher de chercher – sans trouver la réponse – ce qui relève de la pathologie mentale dans la foi, la croyance et cet abandon à un Dieu qui n’existe que dans l’esprit de si nombreuses personnes de par le monde, dans des structures de pensées religieuses qui se sont combattues et continuent à le faire, de façon effroyable.
L’interprétation toute en intériorité de cette jeune fille, dans ce premier rôle, est absolument magnifique. Elle transmet rien que par son attitude physique, l’expression de son regard, la placidité de son visage, quelque chose de véritablement magique qui exprime ce cheminement intérieur qui, en définitive, ne regarde qu’elle.
Tout cela est dialogué et filmé avec un immense respect, des images élégantes, certes classiques, mais qui contribuent à crédibiliser ces moments de vie déterminants.
La réalisatrice signe ici, après un premier film et une série très remarquée, un film rare qui nous en laisse espérer d’autres. Mais l’espérance, n’est-ce pas la première manifestation de la foi ?