Le héron bleu est un symbole spirituel puissant, associé à la sagesse, à l'intuition et à la patience. Cet oiseau majestueux incarne la capacité à prendre du recul, à observer avec clarté et à attendre le moment opportun pour agir.
Cette information devrait vous faciliter l’entrée dans l’univers proposé par cette réalisatrice dans son premier long métrage car il fait essentiellement le portrait d’un jeune, aux allures hiératiques, l’œil inquisiteur, ce qui justifie dans doute le choix du titre du film.
Nous allons suivre une famille à plusieurs époques, et sous des regards différents.
C’est la voix off de la fille cadette qui nous accueille, nous la reverrons adulte.
Cette distorsion du temps rend la compréhension du film un peu difficile, mais bien en phase avec le sujet : la personnalité du frère ainé, observé comme le sont les oiseaux dans ce parc animalier choisi pour décors.
Nous comprendrons que cette famille souffre. Pas de non-dits inavouables, mais de la prise de conscience que ce grand garçon est mentalement perturbé. L’observation de cette famille scrutée à différents moments de son évolution est particulièrement bien matérialisée par l’usage intensif des longues focales qui isolent les visages, nous font ressentir la vie intérieure de chacun, leurs émotions. C’est du « metacinéma » qui recourt aussi aux images photographiques que l’on révèle et qui révèlent. Ce qu’il est convenu d’appeler parfois un palimpseste cinématographique. Ou une prise de tête !
Un courageux film psychologique qui n’embellit rien d’une réalité douloureuse qui nous est proposée avec beaucoup de pudeur.