Second volet d’une somptueuse fresque historique, après L’Âge de fer (1956) c’est en quelque sorte l’art de faire de la politique en pleine guerre. Si l’adage de Carl von Clauswitz est bien connu « La guerre est le prolongement de la politique par d'autres moyens » ce film illustre de brillante façon que c’est toujours la politique qui conduit la guerre. Paul Éluard évoqué dans le titre par son célèbre poème « Liberté » écrit en 1942, illustre aussi que le rêve et le courage inspire la bravoure des héros.
Nous allons en croiser quelques-uns, d’un format de Titan.
Le récit démarre en janvier 1943, en soulignant que la France est partagée entre les partisans de Vichy et ceux qui refusent et combattent l’occupation.
Cette cassure annonce une division politique et sociale qui va marquer profondément l’histoire du pays. La France sera débarrassée des Allemands, pas des vichystes ! Sans doute aujourd’hui, les Français devraient-ils s’inspirer des idéaux défendus par les résistants pour mettre un terme à leurs querelles et prendre la mesure du risque que l’extrême droite fait peser sur nos démocraties.
Nombre des hommes marquants, au pouvoir durant la Seconde Guerre mondiale, sont évoqués dans cette fresque : Churchill s’était taillé déjà la part du lion dans la première partie, voici Roosevelt, Montgomery, Eisenhower, mais aussi Jean Moulin qui unifiera les mouvements de résistance et le payera de sa vie, le général Giraud qui a fait les mauvais choix, et le général Leclerc que la bravoure de ses troupes en guenille a désigné pour libérer Paris avec sa célèbre 2eDB, lorsque la population avait entrepris déjà d’en chasser l’occupant.
Le film rappelle combien les divergences entre ces hommes ont failli compromettre la victoire. L’ambition américaine est bien évoquée qui avait incité à fabriquer des billets de banques français et n’envisageait rien moins que de créer un État de Wallonie englobant la Belgique francophone, le Grand-Duché de Luxembourg, l’Alsace-Moselle et le Nord-Pas-de-Calais et une partie des Ardennes françaises. Tout pour plaire à de Gaulle.
Nombre de moments intimes rythment les grands combats dont le cinéma a déjà rendu compte. Nous y retrouvons une jeune femme magnifiquement interprétée par Anamaria Vartolomei, admirée déjà dans L’Échange des princesses (463), L’Événement (924) Maria (1494) entre autres. D’autres femmes, volontaires pour l’engagement militaire, tentent d'illustrer fugitivement que la guerre n’est pas uniquement une affaire d’hommes. Et les images de la libération de Paris, en partie des archives, clôturent cette épopée en soulignant qu’elle témoigne d’une réalité historique. A voir absolument.
Et je ne résiste pas au plaisir de reproduire ce célèbre échange : « Mort aux cons ! » « Il n’y aura pas assez de munitions ».