Un magnifique film d’amours. Au pluriel, tant les formes par lesquelles elles s’expriment, même pour un vieux chien, sont riches et variées, si bien observées par cette réalisatrice qui nous fait le portrait d’un grand-père, Jimpa, gay, vivant à Amsterdam.
Il est père de deux filles dont l’une est mariée et mère d’un jeune garçon en plein coming of age. Cette famille vient d’Australie pour passer un moment avec le (grand)père vieillissant et nous allons partager la dynamique familiale pendant ce temps de vacances.
Ce sujet est partiellement autobiographique.
Jimpa a fait des choix très radicaux quant à sa vie sexuelle et le petit-fils est, lui aussi, très en questionnement sur son identité non binaire. Dans son école il anime un groupe de réflexion LGBTQI.
Nous allons être initié à la « compersion » qui est une émotion empathique définie comme la joie ou le bien-être ressenti face au bonheur d'autrui. Souvent qualifiée d'antonyme de la jalousie, la compersion est particulièrement centrale dans les relations polyamoureuses et le mouvement de l'amour libre, où elle décrit le bonheur éprouvé lorsqu'un partenaire développe des sentiments amoureux pour une autre personne.
Bref, le contraire du couple petit bourgeois replié sur lui-même.
Le terme queer est souvent utilisé pour désigner une personne dont l'identité de genre ou l'orientation sexuelle ne correspond pas aux normes dominantes hétérosexuelles et cisgenres. Les cisgenres désignent ceux dont l’identité physique sexuelle correspond à l’identité assignée dès la naissance. Les non-binaires, comme ce jeune garçon, ont une identité de genre qui ne se veut ni homme ni femme.
La réalisatrice a beaucoup travaillé sur ces questions de genre et j’avais apprécié Good Luck to You, Leo Grande (1088) qui déjà mettait en évidence ses capacités de direction d’acteur, de mise en scène riche et variée.
Ce film-ci en a toutes les qualités et nous amuse, nous émeut par la simple franchise avec laquelle ces questions sont traitées de façon aussi originale, qu’amusante et délicate.