Si vous n’êtes pas informés – comme moi – du sujet avant le début du film, vous allez découvrir de quel roi il sera question ! Pas du tout un sale gamin qui empoisonne ses parents et tout son entourage. Il s’agit du fils de Louis XIII trop jeune pour régner et que sa mère doit surprotéger contre les Frondes qui déchirent la France.
Voilà le contexte exploité dans la veine « comédie lourdingue » et totalement irrespectueuse de la réalité historique. Pourquoi pas … Mais l’absence de Mazarin laisse un vide, d’Artagnan est assez ridicule, le pauvre Cyrano rame à contre-courant, Molière n’est pas encore devenu un immense auteur et il semble bien falot.
Ce sont les femmes qui occupent le haut du pavé. Anne d’Autriche aussi déplaisante que possible, Madeleine Béjart enjôleuse de kermesse, et surtout la Grande Mademoiselle qui en fait dix tonnes ce qui finit par la rendre amusante. C’est la duchesse de Montpensier, cousine germaine de Louis XIV et qui rejoindra les Frondeurs.
Le film est une laborieuse tentative d’amuser les foules dans la veine « cap et épée ». Avec un soupçon d’homosexualité masculine pour faire moderne.
Le problème vient de la lourdeur des dialogues et des situations tellement appuyées, tellement maladroitement mises en scène mais l’on comprend l’envie d’une histoire en beaux costumes, dans de jolis décors, avec des combats à l’épée très mal réglés, et quelques cascades de débutants.
Ce réalisateur en est à son 8e long métrage, il a beaucoup œuvré pour la télévision et a réalisé des documentaires. J’ai commenté plusieurs de ses films : La Vie très privée de Monsieur Sim (186) La Lutte des classes (640) Les Goûts et les Couleurs (994) et Le Mélange des genres (1669) et cette fois il se lance dans le film d’inspiration historique. Cela ne me semble pas être une très bonne idée mais je ne doute pas qu’un certain public sera enchanté par ces combats à l’épée, ces répliques qui se veulent drôles, ces rebondissements sans réels ressorts.
Si par caprice vous vous laissez tenter, vous constaterez que ce n’est hélas pas un morceau de roi.