Quelle comédie ! Très française. Et elle est amusante, bien enlevée et pour celles et ceux qui aiment le théâtre et son univers très codé, c’est un régal d’autodérision et d’humour.
La création de Macbeth à La Comédie-Française est l’objet de ce récit qui résume les quelques heures qui précèdent le lever de rideau de la première de ce spectacle un peu impertinent, un Shakespeare dans la Maison de Molière.
Ce lieu très chargé d’histoire est mythique et la salle Richelieu emblématique du théâtre français. Nous allons découvrir cet endroit et les coulisses pendant un compte à rebours très rythmé, plein de rebondissements parce que rien ne va se passer comme il faudrait dans une production bien maîtrisée. C’est ce qui amuse tout au long du film interprété uniquement par des « sociétaires », ces acteurs qui sont nommés dans les génériques de film avec cette mention « de la Comédie-Française » car ils y sont engagés à l’année.
L’enchaînement des scènes, les rebondissements, les personnages qui habituellement restent dans l’ombre tels le régisseur-éclairagiste, l’habilleuse, la maquilleuse (exceptionnelle !) le gardien de l’entrée des artistes, sont tous très bien caricaturés, comme l’est la ministre de la culture, une sotte qui en dit long sur l’estime que ce milieu réserve aux politiques.
Les réalisateurs sont issus de cette mouvance d’artistes, auteurs, acteurs, metteurs en scène, présents sur You Tube avec le collectif Yes vous aime, les émissions Broute et que l’on croise dans nombre de séries télé et de films, pas tous des chefs d’œuvre.
Les dialogues sont d’une grande vivacité, plein d’humour et si le ton général de ces échanges est marqué par ce je ne sais quoi qui exprime la conscience qu’ont les acteurs qu’ils « jouent une comédie », cela ne nuit pas car tous sont dans le même ton.
Laissez-vous amuser par ceux qui en font profession, vous ne le regretterez pas.