Un passage obligé pour nous tous que la guerre a épargné. Ayons le courage d’en voir les horreurs que la cruauté d’un dictateur infect, Bachar el-Assad, a infligé à sa propre population durant des années sans que personne ne l’arrête.
Ce film n’est pas seulement tourné comme une sorte de reportage qui nous plonge au cœur de cette population martyre, c’est aussi, c’est surtout la vision insoutenable émotionnellement de ce que vivent, aujourd’hui encore, sur les plages de Belgique par exemple, ces personnes poussées à embarquer, en payant le prix fort, sur des bateaux gonflables dans l’espoir d’une vie meilleure.
Le film est construit sur le mode choral et une succession de chapitres (La Docteure - La Soldate – L’Opposant – Le Passeur – Le Poète – Le Capitaine, et j’en oublie) qui nous révèlent l’action de tel personnage mis en évidence dans cette tragédie commune.
La chronologie est subtilement agencée pour nous permettre de mieux comprendre certaines actions vues antérieurement mais d’un autre point de vue. Des écrans noirs scandent ces changements et matérialisent en quelque sorte cette sensation d’obstacle insurmontable, de fin inéluctable.
Tout débute dans un riche hôpital de Chicago après un rapide survol de cette ville qui nous permet d’admirer la Trump Tower locale.
Un événement apparemment anodin déclenche de bouleversants souvenirs. La fin du film nous ramènera dans cet hôpital pour une courte scène très significative qui explique le titre en anglais.
C’est à Alep, dans un hôpital justement, sous les bombes, que ces réminiscences sont illustrées d’abord, puis nous serons en Turquie, à Izmir dans un de ces camps de réfugiés qui sont la honte de notre siècle qui perpétue encore des guerres aussi meurtrières qu’inutiles. Nous serons aussi en pleine mer, proche de la Grèce, ce qui explique le titre en français.
Une citation liminaire de Shakespeare semble être tellement inspirée par notre actualité que l’on en frissonne.
Ce réalisateur dont c’est le premier long métrage, est un activiste très engagé qui a accumulé une impressionnante expérience des drames humains dont il fait ici un récit très documenté et sans doute proche de la terrible réalité.
D’autres films ont déjà abordé cette tragique question : L’Enfant bélier (1855) One life (1395) Green Border (1382) Io Capitano (1328) The Old Oak (1279) Acide (1258) Dheepan (151).
Voir de tels films nous rapproche de ces étrangers qui nous apportent tant et que certains veulent refouler au lieu de leur ouvrir le passage.