Pour comprendre le titre de ce film, il faut savoir que Christopher était le prénom de l’amant, assistant, d’un très célèbre peintre dans les années 60, Julian Sklar, que nous retrouvons au soir de sa vie. Et les Christophers sont des portraits inachevés, au nombre de huit, de cet amant disparu.
Ce peintre est père d’un fils, rapace et d’une fille intrigante qui a connu durant ses études artistiques une femme très talentueuse, restauratrice et faussaire incarnée par Michaela Coel, inoubliable de talent et de beauté. Le peintre est interprété par un Ian McKellen au sommet de son art après une carrière incomparable et un engagement pour la défense des droits LGBTQI+. Le troisième personnage est la maison dans laquelle vit cet artiste qui en a fait une véritable œuvre exprimant les errements de son esprit.
L’idée des enfants est de disposer après la mort de leur père, d’œuvres qui feront alors leur fortune, car leur peintre de père a tout dilapidé.
Parallèlement à cette intrigue aux accents balzaciens, de nombreux échanges, parfois bavards, nous immergent dans l’univers de la peinture.
Ce qui rappelle certains thèmes traités dans des films comme La Jeune Fille à la perle, Mr Turner, Portrait de la jeune fille en feu (696), Bonnard, Pierre et Marthe (1345) Moss & Freud (1974) et tant d’autres qui interrogent sur le regard porté sur une œuvre picturale, ce qui en fait l’originalité et la valeur.
Vous apprécierez une scène étonnante dans laquelle le peintre semble se remettre au travail, mais vous ne verrez rien de l’œuvre en devenir.
La question complexe de la destruction d’œuvres par leurs auteurs est évoquée de façon amusante.
La musique de David Holmes accentue l’ambiance hésitante et mystérieuse. C’est le huitième film qu’il sonorise pour ce réalisateur qui a un palmarès de haut vol, 35 films à son générique avec, entre autres : Magic Mike’s Last Dance (1120) ou The Insider (1684).
Ce fim-ci complète très honorablement le tableau par de belles performances artistiques à apprécier sur grand écran, même si l’histoire nous égard parfois, noyée sous des échanges trop verbeux.