Quel étrange film qui nous fait partager le quotidien de quelques habitants d’un immeuble improbable, délaissé dans une banlieue sinistre.
Des gens ordinaires, un peu à côté de leurs pompes, dans un univers tagué, abandonné par l’espoir même.
Et pourtant, des rencontres magiques, une sorte de séduction entre gens que rien ne devait rapprocher, fait qu’une humani-té nouvelle, quasi poétique, s’insinue de façon inattendue entre ces gens. Quelques-uns, choisis pour leurs singularités. Il ne faut rien savoir de plus pour aller se laisser entrainer par ce séjour en absurdie. C’est interprété avec simplicité, e.a. par une Isabelle
Huppert très inattendue. C’est filmé avec une froideur de HLM, le cadre est 4/3, étriqué, sauf quand soudain il est vu au travers d’une caméra vidéo (jolie et discrète transfiguration cinématographique). Bref un film OVNI qui apporte beaucoup de poésie, un ton inhabituel dans le cinéma français, décalé et plein de tendresse. Samuel Benchetrit est un réalisateur, écrivain qui devrait sortir de l’ombre parce que ce qu’il a fait déjà n’a pas été fracassant, mais ce film très marginal retient l’attention par sa poésie douce, son originalité, son humour et sa tendresse. Le personnage interprété par Valeria Bruni Tedeschi minimaliste et quasi magique, semble être la preuve que même les êtres les plus invisibles portent en eux une humanité qui ne demande qu’un regard bienveillant pour se laisser apprécier. Avec délicatesse et beaucoup d’humour.