Ce « danseur ensoleillé » est remarquable par l’audace avec laquelle il aborde une thématique très lourde, celle des adolescents cancéreux qui bénéficient de vacances dans un camp dont le sigle CRF mérite une explication. C’est l’acronyme de Cancer-Related Fatigue. Mais il est récupéré avec humour noir dans l’expression Cancer Ruins Family utilisée dans ce film choral touffu qui nous fait partager durant plusieurs semaines de vacances d’été la vie d’un petit groupe, mixte, de personnalités très affirmées, sans doute à cause de leur vécu médical si douloureux.
Bien entendu la sexualité débutante, les premiers baisers, les premiers rapports sexuels ponctuent ces existences scandées par les activités habituelles de ce genre de camp d’été.
Spectacles, sorties collectives, fêtes en boite de nuit, séjours sous la tente, isolé sur une île, mais surtout l’apprentissage de la vie en collectivité.
Ce qui unit ces ados est essentiellement leur vécu de cancéreux : leucémie, lymphomes, et autres drames précoces dans leurs jeunes vies.
Vont-ils, le temps d’un été, vivre une forme d’insouciance qu’ils ont prématurément perdue dans leurs existences ?
C’est toute la magie de ce film qui mélange les rires les plus potaches aux émotions les plus profondes, par un simple échange de répliques, par des moments de bonheurs qui redonnent l’envie de vivre à ces grands gamins et gamines qui ont déjà été confrontés à la mort.
L’image est d’une simplicité qui la singularise, sans effet d’éclairage, avec un choix de couleurs acidulées qui contribuent au naturel de cette bande qu’un souffle nouveau de vie anime joyeusement. Jusqu’à ce que la maladie s’impose soudain.
C’est le deuxième film de ce très jeune réalisateur qui nous emmène dans de beaux paysages écossais avec un sens aigu du récit très touffu qui est le propre de ces bandes d’encore gosses qui veulent mordre dans la vie à pleines dents.