En gerbe pour Sandra Hüller, admirée déjà e.a. dans Sibyl (662) Anatomie d’une chute (1255) et La Zone d’intérêt (1363), qui interprète ici le rôle titulaire d’une façon magistrale.
La guerre de trente ans s’est déroulée de 1618 à 1648, et prendra fin par le traité de Westphalie. Un conflit religieux et mortel de plus entre protestants et catholiques ; l’Allemagne y perdra un tiers de sa population !
Un soldat survivant de cette boucherie, le visage abimé, rejoint une communauté rurale et prétend y récupérer un héritage foncier qui s’avère délabré et laissé à l’abandon.
A force de travail, il s’impose dans ce microcosme conservateur, pieux et d’une grande pauvreté.
De loin en loin une voix off nous éclaire sur le destin de ce personnage, nous le comprenons, qui est une femme. Et l’histoire est authentique. Si l’on accepte la naïveté de ces ruraux barbus qui ne réagissent pas à l’absence de pilosité de ce nouveau membre, le récit est crédible.
Le point de basculement sera bien entendu le mariage ! Et la grossesse de l’épousée.
Suite à un événement très dangereux pour la santé de Rose, le subterfuge sera dévoilé ce qui entrainera fuite, capture, jugement et condamnation. A découvrir à l’écran.
La morale qui s’impose est que si l’on ne respecte pas les règles de la communauté, l’on n’en fait plus partie.
L’immersion dans cet univers superbement filmé en noir et blanc est tout à fait réussie et l’on suit, avec des sentiments mêlés, le destin de Rose, de sa femme et de ces villageois.
Le souvenir d’un autre film Des Teufels Bad (1559) nous rappelle l’intense plaisir que procurent ces histoires d’autrefois qui nous parlent d’aujourd’hui.
Il y a, au-delà de l’anecdote historique, la réminiscence des tourments encourus par les femmes qui ne se soumettent pas. Il n’est pas de roses sans épines