Un vigilante (mot issu de l’espagnol) désigne un justicier extralégal, masqué qui fait justice lui-même, en dehors des lois et des forces de l'ordre officielles.
Ce thème est souvent utilisé au cinéma et dans ce cas-ci, il illustre admirablement que le Do it Yourselfe n’est pas un concept applicable à la justice.
Le film débute en nous montrant un père de famille BCBG piégé par un chasseur de pédophiles qui traque ce genre de malades via de fausses identités sur les réseaux sociaux, en se faisant passer pour des jeunes filles, ou des garçons, mineurs. Et au premier rendez-vous du prédateur et de la potentielle victime, c’est le « vigilante » qui se présente, caméra au point.
Le film est réalisé avec un dynamisme remarquable, augmenté par le milieu de la boxe fréquenté par ce justicier et ses proches amis et complices dans cette chasse sans permis.
Bien entendu quelques événements tragiques, les liens filiaux, des embrouilles avec les vrais flics, tout ce petit monde va connaître de nombreux rebondissements à découvrir à l’écran. Et comme il faut bien une histoire d’amour, elle montre que même un dur de dur se laisse embrasser par une irrésistible jeune femme qui prend l’initiative ; c’est moderne.
Mais ce monde d’idéalistes moralisateurs n’est pas exempt de tentations vénales.
Il sera possible de disserter à l’infini sur ces transgressions de l’état de droit et de la vengeance qui se veut légitime. Comme sur l’usage des réseaux sociaux pour faire du bashing. Une affaire a été sévèrement jugée il y a peu qui raffermit les principes fondamentaux d’une vie en société. Et rappelle les devoirs de cette société vis-à-vis des victimes.
Le réalisateur est issu du monde de la télé et pour ce premier long métrage il fait la démonstration de talents multiples : le casting et la direction d’acteurs sont très réussis, le montage est d’une efficacité qui nous emporte, même si certaines sautes dans la chronologie ne sont pas immédiatement identifiables. Mais c’est surtout l’utilisation presqu’ exclusive de gros plans de visages dans les cadres d’écran large qui donne à ce film un style, une force psychologique et émotionnelle très puissante.
Pour que les dérives décrites ici ne deviennent pas monnaie courante, restons vigilants.