Elle mérite d’être partagée ; et la vie et la femme.
En onze chapitres bien ordonnés, avec quelques sautes dans le temps, nous suivons une femme, chirurgienne, chef de service. Et c’est toute sa vie quotidienne qui nous est proposée par petites saynètes, par des dialogues, des moments intenses de vie professionnelle, par des parenthèses de vie privée.
Il ne faut rien dire du récit parce que c’est là que réside le charme essentiel du film, le suivi ordinaire d’une personne très engagée, infatigable et cependant avec des fragilités qui la rendent très humaine. Alors oui, les moments proposés pourront toujours être traités de « clichés » mais les nuances dans chaque situation, la façon sereine de filmer les visages, de capter les émotions souvent fortes, parfois très inattendues, donnent à ce portrait une consistance qui retient l’attention et qui touche par son côté ordinaire en ceci que chacun peut y retrouver un peu de sa vie. Léa Drucker comme Mélanie Thierry sont subtiles, riches et inattendues. Mais c’est surtout Marie-Christine Barrault qui campe une vieille maman que l’esprit quitte doucement et qui est profondément touchante. A 82 ans elle prolonge une immense carrière avec un talent impressionnant.
Il faut aussi mentionner la séquence avec Erri De Luca, en pleine montagne car c’est ce très célèbre écrivain italien qui assume son propre rôle.
Ce récit ne va pas bouleverser le cinéma, mais il va nous apporter émotions et réflexions sur ce moment où la cinquantaine rend peut-être plus impérieux encore d’assumer dans toutes ses composantes, la vie d’une femme