La pression atmosphérique et le poids écrasant de la pression des responsabilités que ces militaires vont devoir assumer (réussir le débarquement de juin 1944 en Normandie, rien de moins !) explique le titre à double sens de ce récit qui n’est pas qu’un film de guerre « de plus ».
Il nous fait entrer au cœur du commandement des plus hauts responsables alliés qui vont devoir décider ce fameux « Go or no-go » en fonction des conditions météorologiques dont les prévisions n’étaient pas, et de loin, celles que nous connaissons aujourd’hui.
Les trois V, vagues, visibilité et vents, sont les paramètres qu’il faut absolument quantifier pour réussir cette opération aéroportée, maritime et terrestre d’une ampleur sans précédent.
Le film débute par l’évocation de l’opération « Tigre », peu connue parce que couverte par le « secret défense » jusqu’en 1984. Il s’agissait d’une répétition d’opérations de débarquement sur les côtes du Devon, organisée fin avril 1944 pour préparer la coordination des forces alliées.
Malheureusement des vedettes lance-torpilles allemandes sont passées par là, par hasard, et il y eut 749 soldats et marins tués. Mais de nombreuses et salutaires leçons furent tirées pour la suite.
C’est six semaines plus tard que débute réellement l’intrigue du film qui durera 72 heures et qui met en présence deux méthodes de prévisions météorologiques. C’est très passionnant, et voir à quel point le destin de la guerre fut l’enjeu de cette confrontation et des conséquences déterminantes qui allaient en découler, est un réel suspens qui nous tient en haleine tout le long du film.
Fixer le jour du débarquement repose alors sur le choix entre la certitude ou la confiance que les informations réunies permettent de fonder. Et les avis des militaires au plus haut de la hiérarchie, sous les ordres de Eisenhower, donnent lieu à des échanges très virils entre ces hommes qui ne semblent jamais dormir !
Le précédent (et premier) film de ce réalisateur (et monteur !), Hôtel Mumbai (660) m’avait profondément impressionné et celui-ci a les mêmes mérites, bien que le déroulement de l’histoire nous épargne les scènes de violences si l’on excepte celles du prologue et de l’épilogue bien nécessaires au rappel de cette tragédies. Le côté « joutes verbales entre fortes personnalités » est sans doute induit par la pièce de théâtre dont l’auteur, David Haig, co-signe le scénario du film.
Il m’a semblé que les deux qualités originales du film sont d’une part de nous embarquer dans un microcosme admirablement restitué par les acteurs et le décors magnifiquement accessoirisé, et d’autre part de maintenir une profonde émotion alors que la fin de l’histoire est bien connue. Mais elle met une nouvelle et utile fois en évidence ce que nous devons aux sacrifices héroïques de tant d’anonymes. Cette pression-là, sur nos consciences, mérite d’être ravivée.