Voilà très exactement le genre de film que je ne vais voir qu’à reculons, à cause de l’affiche, du titre et du préjugé de comédie fran-chouillarde qu’il provoque. Mais l’horaire me convenait. Alors j’ai fait une très agréable découverte. Un peu poussé par l’envie de revoir Virginie Efira.
Et j’entre dans une sorte de huis clos à Ouessant. Et ça marche. Trois personnes que les blessures de la vie amènent en un lieu improbable, ce genre d’endroit qui favorise les découvertes sur soi-même, sur les autres.
J’avoue n’avoir rien vu encore de la réalisatrice Marion Vernoux et j’ai été ébloui par ses dialogues. Ex-épouse de Jacques Audiard, qui a déteint sur l’autre ? Rarement me semble-t-il le langage, les
répliques, la façon de les dire avec les hésitations, les rythmes, les accents toniques, les inflexions de voix, m’ont paru aussi proches de la réalité, comme si ces échanges étaient spontanés, ce qui donne au film une fluidité charmante, aux acteurs une réalité qui les rend sympas, et le tout fait de leur histoire quelque chose à la fois d’amusant et de touchant.
Ah oui, le personnage interprété par Virginie Efira est lesbienne. Mais sans partenaire à l’image. On n’en sort pas de cette thématique. Mais ici encore, quelle claque à La vie d’Adèle tant les choses semblent abordées, dans ce film-ci, avec simplicité, naturel et sympathie, sans l’once d’un jugement moralisateur. D’une modernité qui achève de rendre ce film pour bonne soirée télé, sympathique et attachant.