A voir et à connaître ! Un méta film comme l’on dit lorsqu’il s’agit de raconter une histoire de cinéma. Elle est ici axée sur deux personnages, une actrice reconnue et très appréciée admirablement interprétée par Sandrine Kiberlain, et une figurante qui galère, Isabelle Huppert qui est super dans le rôle de ce personnage un peu aigri, légèrement mythomane et très frustrée, réduite à devoir « faire ses heures » pour rester intermittente du spectacle. Mais soyez patients, elle a une scène éblouissante de talent lorsqu’elle s’imposera enfin dans le tournage du biopic d’Isabelle Eberhardt qui est, par parenthèse, un personnage exceptionnel à (re)découvrir peut-être grâce à ce film-ci dans lequel Emmanuelle Bercot assume le rôle de la réalisatrice avec un charisme impressionnant.
La description de la vie de plateau de cinéma est succulente : les petites humiliations, les privilèges, les emmerdeurs, les régisseurs et assistants qui courent partout pour que le travail se passe bien, les acteurs mauvais comme des cochons mais vaniteux comme des paons, tout ce petit monde est merveilleusement capté par les plans longs, le plus souvent en mouvement, ce qui accentue encore le côté « cinéma » très appuyé évidement ici.
Le réalisateur n’en est pas à son premier film, celui-ci est son 9e long métrage et j’ai commenté déjà Les Apparences (787) et Les Cyclades (1117) films qui dénotent d’un sincère amour des actrices, du plaisir de scénarios divertissants et d’une grande virtuosité dans la narration des histoires originales qui sont, comme ici, très agréables et attachantes et qui ne sont ni vues ni connues.