N’hésitez jamais à en dire, beaucoup ! C’est ce qu’inspire ce très beau film poignant. Et plein d’humour et d’amour.
Il nous permet de suivre durant une dizaine d’années, la quête du père inconnu par une petite fille qui ne se résout pas à ignorer qui est son géniteur, lequel a disparu de sa propre volonté. Sa maman a eu ensuite un garçon d’un autre père. La mère célibataire vit une existence par ailleurs banale avec ses deux enfants.
La première chose qui frappe, c’est la remarquable description, discrète, complexe et riche en signes divers, de ce milieu si souvent caricaturé, celui des logements sociaux des familles modestes, ici à Sarcelles.
Le film est porté par cette exceptionnelle comédienne Hafsia Herzi, découverte dans La Graine et le Mulet et qui fait depuis une carrière très intéressante.
Le réalisateur a déjà lui, une longue carrière de comédien et ce film-ci est le deuxième long métrage qu’il réalise et scénarise.
L’histoire m’a semblée particulièrement bien écrite car, sur la durée, traiter un thème aussi sensible et peu spectaculaire nécessite beaucoup d’inventions, de moments d’émotions et nous les partagerons de façon très bien captée par la caméra.
Et l’on quitte cette jeune fille impressionné par la question lancinante de la paternité assumée.
Certes, certaines femmes abandonnent leur enfant à la naissance, mais pour un géniteur, cet abandon est tellement plus facile car il se retranche derrière ce commentaire inaudible « Je ne voulais pas cet enfant ». Et nous savons tous que les enfants ont tant besoin de quelques mots d’amour. Ce film vous les inspirera.