Je n’en commettrai pas en écrivant la moindre note de cette partition, sauf à vous prévenir qu’elle est bouleversante, que ce film est un de ceux – rares – qui s’impriment de façon définitive dans nos mémoires et qu’il interpelle vigoureusement sur notre actualité et peut-être sur notre avenir, celui en tous cas auquel sont confrontés les citoyens privés de tous leurs droits et souvent de leur vie.
Le scénario est inspiré de la pièce éponyme de Didier Caron et sa structure est celle de la tragédie classique : unité d’action, de temps (une soirée) et de lieu, l’Opéra-Comique que nous découvrirons avec autant de plaisir que, dans un autre film, le théâtre De la Comédie-Française (1979).
Benoît Poelvoorde y dirige l’orchestre et ce rôle restera l’un des plus brillants de sa carrière tant il est juste, retenu, intense. Kad Merad lui donne la réplique d’une façon émouvante, sur un ton qui tranche très positivement avec le personnage de comique qui lui est trop souvent assigné.
Nous sommes en décembre 1990, une année après la chute du mur de Berlin. La musique de ce film est particulièrement agréable à écouter. Et un conseil nous est donné : si l’on cherche dieu, il faut écouter Mozart. Les questions soulevées seront moins futiles comme celle de savoir si l’on peut voler aux victimes le droit d’être innocent, ou de savoir si le passé est ineffaçable.
Ce réalisateur a très abondement illustré dans une vingtaine de films, la complexité des liens sociaux et culturels, historiques aussi, avec ses racines juives, comme dans Le Petit Blond de la Casbah (1292).
Ce film-ci ajoute une note lumineuse à son œuvre.