Un film réalisé avec un souffle magnifique et des audaces narratives qui évitent l’écueil d’un récit historique traditionnel.
La chronologie est habilement déstructurée, à un point tel que dans certains plans cohabitent deux époques, celle de la guerre, celle des retrouvailles en juillet 1970 au chevet du père de famille qui va mourir. Une voix off nous donne les clés de ce récit, de cette famille surtout, nombreuse, avec laquelle nous allons partager les terribles années de guerre particulièrement traumatisantes pour les Juifs et les images de la libération montreront que la bestialité n’était pas une exclusivité nazie.
Le jeu des différences de format, le fils qui filme et les images en noir et blanc issues de son reportage, les archives authentiques en noir et blanc aussi, d’autres colorisées pour mieux s’intégrer dans les images de fiction, tout cela donne au film une esthétique singulière.
L’histoire est dite « inspirée de faits réels » et qui sont en liens familiaux avec le réalisateur. Cela se sent fort, comme si le désir de redonner vie à sa parentèle abondante était le moteur principal de ce récit qui se déroule dans la France occupée, un peu comme un road movie en autocar, avec cette vertigineuse – et vertueuse – particularité de risquer des vies pour des œuvres d’art, certes incomparables. Et qui heureusement retrouveront leur place dans ce musée. En sauvant des œuvres d’art, on sauve un peu d’humanité dans ce monde de brutes.
C’est sans doute le message voulu pour ces héros du Louvre.
Elie Chouraqui a eu une existence très riche, volleyeur, collaborateur de Claude Lelouch, metteur en scène de comédie musicale, et réalisateur de nombreux spots publicitaires et d’une douzaine de films dont certains se souviendront : Qu’est-ce qui fait courir David ? Paroles et Musique, Man on Fire, Harrison’s Flowers. Une carrière longue mais qui, sans doute, n’en fera pas un héros dans le Louvre du cinématographe.