On m'appelle Garance, c'est le nom d'une fleur. Les cinéphiles qui ont gardé le souvenir ému de cette réplique d’Arletty dans Les Enfants du paradis comprendront que ce prénom soit attribué à cette comédienne dont le film fait le douloureux portrait. Et Arletty y fera une brève apparition.
Pupille (572) et Je verrai toujours vos visages (1146) nous avaient permis déjà d’apprécier le talent de cette remarquable directrice d’actrices et d’acteurs, particulièrement dans un contexte psychologiquement difficile, éprouvant, comme celui dans lequel nous allons être immergés en suivant quelques années de la vie d’une comédienne qui n’arrive pas à s’imposer et qui cachetonne petitement. Elle cherche un réconfort auprès d’une bande d’amis peu à même de le lui apporter et dans une consommation excessive de vin blanc.
Une habileté du scénario c’est d’être situé avant et pendant la Covid, ce qui va accentuer de façon très intéressante la question de l’isolement, de la solitude.
Le film commence cependant dans une effervescente ambiance de troupe de théâtre.
Mais très vite l’absence de liens véritables entre les protagonistes va pousser notre comédienne à rejoindre une bande de joyeux noceurs qui passent leurs nuits à les fuir dans un bruit de musique assourdissante et une surenchère de tournées alcoolisées.
Cette double addiction, aux autres, à l’alcool, est très bien illustrée, avec tact et sans condamnation simpliste. Poursuivant son métier de galérienne, Garance en convient : « on fait tous comme on peut ». Heureusement vous découvrirez des personnes et des circonstances qui nous donnent du rapport à la maladie (et une autre sera centrale à un moment du film) une image complexe et non dénuée d’espoir.
Soutenu par une musique qui nous fait participer à certains moments de bonheur, attaché aux personnages très riches et contrastés que nous découvrons, le film atteint son but avec beaucoup de talent. Il nous fait regarder des choses que l’on croyait simples de façon nuancée, complexe et non dénuée d’espoir.