Le titre est bien ce qui désigne l’endroit, en Norvège, ou nous allons faire connaissance avec une petite société charmante et solidaire. L’exposé du sujet, un peu longuet, nous fait découvrir l’école, la communauté religieuse, les relations sociales de tout ce beau monde bien sous tous rapports. Un « happy people » de carte postale.
Mais une famille dont le mari est d’origine roumaine, élevant 5 enfants dont le dernier est encore bébé, va susciter l’attention du service de protection de la jeunesse dont le nom bien connu est Barnevernet. Et on ne rigole. Pas avec ces gens-là ! A découvrir à l’écran.
Ce film admirable par l’originalité du propos, par la façon très homogène dont cette population qui vit un peu en vase clos est représentée, va nous ouvrir les yeux sur la perception relative de faits anodins pour les uns, condamnables pour les autres. C’est absolument passionnant. Et ces faits sont inspirés d’une histoire vraie, l’affaire Bodnariu, qui, en 2016, a déchaîné en Roumanie des manifestations véhémentes pour défendre les parents incriminés.
Il y a une dimension idéologique, plus précisément religieuse, dans ce débat qui est admirablement exposée, sans caricature, mais sans complaisance. La partie « tribunal » du film serait un magnifique jeu de l’esprit s’il n’y était question d’enjeux graves.
Le talent exceptionnel de ce réalisateur m’avait déjà inspiré des commentaires de 2 de ses 5 films : Le Baccalauréat (343) R.M.N. (1055) et j’ai retrouvé toutes ses qualités dans ce film-ci pourtant tourné en dehors de sa zone de confort culturelle roumaine.
C’est un film mosaïque dont chaque partie contribue à une œuvre qui prend toute son ampleur lorsque s’achève l’histoire, comme si l’on pouvait enfin quitter ce Fjord un peu étouffant.