Film crépusculaire, incomparable, étrange et envoûtant.
Mais ce n’est pas une gaudriole. D’une écriture absolument originale, mêlant actualités et archives, fictions et reconstitutions, photos et voix off omniprésente mais jamais explicative, ce récit diachronique qui se veut un survol de l’art, du sens des œuvres dans la cité et dans l’histoire.
Ce qui nous vaut des moments et des réflexions d’une originalité et d’une intensité étrange, mais aussi des évocations un peu plus guignolesques : Napoléon qui déambule et bavarde, La liberté de Delacroix, Marianne, qui erre, elle aussi, dans les salles vides d’un Louvres, centre de tous les phantasmes. En particulier au moment de l’occupation allemande qui est évoquée d’une façon moins manichéenne que d’habitude.
Il y a aussi ces images singulières d’un transporteur de conteneur - dont l’un est rempli d’œuvres inestimables - aux prises avec l’océan déchaîné, ce qui sans doute est une métaphore du destin de l’art dans l’histoire.
Le film est un collier d’allusions, de références, de plans magnifiques parce qu’ils montrent des œuvres magnifiques. Mais les liens entre tout cela sont entremêlés de façon trop incohérente pour que l’on puisse en percevoir la trame ; c’est un fouillis avec des fils d’or, de soie, de rudes ficelles aussi.
Bref, une plongée dans les divagations d’un créateur en mal de récit à partager.