C’est le résultat de ce film qui nous fera grandir en effet, parce qu’avec une méthode de documentaire, mais une réflexion sociologique très complexe, riche, il nous propose un portrait croisé, celui de deux jeunes femmes entre l’âge de 18 ans que la société a décidé être la fin de la protection, et le « débrouille-toi ensuite » encore si difficile lorsque l’on et mal préparé à cause de sa propre enfance, à un âge encore bien fragile.
Colin Lévêque suit avec sa caméra d’une façon éblouissante, au plus près, ces deux jeunes femmes et nous serons les témoins émus et angoissés de leurs trajets tellement incertains et jonchés d’obstacles, ceux de leurs passés, ceux des administrations qui font ce qu’elles peuvent mais pas de miracles.
La réalisatrice nous présente les personnes, puis les lieux de vie, de sport, un appartement où vivre avec le bébé qui est venu. C’est un film descriptif qui prend son temps. Et qui rappelle par son ambiance, celle de certains films des frères Dardenne.
Le fil du récit oscille entre un mélange de pitié et la peur d’avoir des regrets vis-à-vis de ces jeunes et fragiles personnes qui, faute d’être bardées de diplômes, soutenues par des familles nanties, font preuve d’une rare intelligence émotionnelle.