Quel titre désastreux ! S’agit-il d’un moulin à vent, à poivre, du Moulin rouge, du Moulin de mon cœur ou de la galette, d’un moulin à prière peut-être ?
Jean Moulin est un « syntagme insécable » qui signifie l’héroïsme, le courage, la résistance dans son expression absolue.
Le film va nous rappeler pourquoi, de façon admirable. Comme chaque fois que l’histoire à raconter est connue, il faut déployer un talent exceptionnel pour lui redonner toute sa vigueur et son émotion.
La confrontation Jean Moulin/Klaus Barbie, chef de la Gestapo à Lyon, est ici mise en image de façon très puissante, parfois, c’est vrai, avec un réalisme bien nécessaire même si certaines images peuvent heurter car il ne faut pas les édulcorer pour que les générations épargnées voient ce qui fut. Et qui sans doute est encore pratiqué à l’abris des caméras, ou mis en scène par Trump qui en revient au peloton d’exécution.
Un film à découvrir par classes entières, après avoir bien contextualisé ce qui nous est montré avec talent. C’est tout à la fois un film historique et un biopic. Les premières images sont celles du début de la guerre de 40. Ensuite, en 1943, la question centrale de l’unification de la Résistance et de l’Armée secrète le 27 mai à Paris est évoquée.
Telle était la mission assignée à Jean Moulin par le Général de Gaulle.
Le film se concentre évidement sur quelques aspects seulement de la vie de cet homme qui a tant marqué les esprits et dont il faut (re)lire le récit de sa vie. La vie de son bourreau allemand fût, elle, beaucoup plus longue puisqu’il n’est mort qu’en septembre 1991, après avoir notamment travaillé pour les services de renseignements américains avant de devenir Bolivien.
Le réalisateur de ce film s’est appuyé cette fois sur le scénario d’un auteur et sans doute, cela donne-t-il à ce film-ci une rigueur et des dialogues très bien conduits.
Nous avions commenté quelques films dont Olivier Demangel est l’auteur du scénario : Novembre (1051) Tirailleurs (1099) Mercato (1662) Chien 51 (1769), il connait son métier et c’est bien utile au réalisateur de Le Fils de Saul (175) et Orphan (1932) qui a dirigé avec Moulin un film puissant, important et très maitrisé visuellement, avec des optiques qui restituent bien sur grand écran l’image filmée avec de la pellicule.
Un moment fort, émouvant, qui illustre une fois de plus que le cinéma est irremplaçable pour que vivent en nos mémoires celles et ceux qui ont façonné notre monde.