Ce titre anglais peut se traduire ici par « personne qui creuse » et c’est bien le cas du personnage central de ce film, exploitant des ressources naturelles de l’Arctique.
Le film débute lorsque cette exploitation provoque le détachement d’un gigantesque bloc de glace qui part à la dérive, on ne sait trop vers où, mais la menace de collision côtière est imminente.
Le Président des E.U. est évidemment concerné ce qui nous vaut la description d’un personnage à côté duquel Trump passe pour un enfant de cœur.
Nous sommes en pleine collapsologie, mais délirante.
Tous les personnages rivalisent d’hystérie, d’outrance en tous genres et de grossièretés langagières foisonnantes dans une logorrhée de dialogues sans autre intérêt que la provocation.
Très rapidement l’on est excédé par ces comportements qui n’amusent qu’un temps.
Il y a une tentative de superposition entre le degré zéro de la réalité et une théâtralisation, qui à la fin surtout, essaye de rattraper la sauce qui n’a pas pris.
Le film est tourné avec des moyens somptueux de décors, de trucage, et de matériel de prise de vue, la vista vision, c’est-à-dire des images filmées horizontalement sur pellicule, avec, par image, 8 perforations au lieu de 4. Tout cela est bien beau mais ne change pas grand-chose au film qui devient insupportable de bavardages et de non-sens dont on n’arrive pas à comprendre ce qui les motive.
Ce réalisateur mexicain avait déjà été commenté par moi pour The Revenant (213) et Birdman (114). Il est couvert d’honneurs et de prix, à Cannes, aux Oscar et c’est sans doute aux singularités de son style, de ses propos, de son goût de la provocation qu’il a pu s’assurer les collaborations les plus prestigieuses d’acteurs très en vue. Mais un filme comme celui-ci ne donne guère le courage de creuser plus en profondeur ce style baroque surfait.