Quelle belle Balade ! Pas vraiment un biopic, mais tout de même le récit d’un moment de la courte vie de ce compositeur et interprète d’exception, ami de Litz, amant de George Sand.
Ce qui emporte le spectateur, outre les musiques, c’est la vitalité d’un créateur polonais hors pair qui est ovationné à Paris. Tout semble lui réussir mais la maladie va s’imposer dans son parcours de vie. Comme pour Franz (2020). Et les décors de Paris ont été, comme pour Les Misérables (2032) récréés à Bordeau.
Il faut dire que ces deux derniers films sont contemporains et l’on y croise cette fois Louis-Philippe, le Roi-Citoyen qui sera le dernier souverain français.
Franz Liszt est un proche camarade et George Sand, admirablement incarnée par Joséphine de La Baume, sont évoqués de façon très vivante, comme ce jeune élève prodige que la maladie va emporter, décès annonciateur de celui de son maître.
L’acteur Eryk Kulm avait déjà été le personnage central du film Filip du même réalisateur et il est un Chopin très convaincant. Il s’est admirablement efforcé à jouer lui-même les pièces de piano dont nous nous régalons à de nombreuses reprises. Et il a appris le français pour le rôle.
En écho à cette virtuosité, comme pour l’accompagner, les plans en mouvements de la caméra sont aussi spectaculaires que bien justifiés pour nous emmener dans ce tourbillon que provoque une hyper sensibilité et une immense fragilité.
Ce réalisateur et producteur polonais n’en est pas à son coup d’essai mais il s’est emparé ici d’un sujet fébrile, celui auquel la fièvre de la création et de la maladie donne un éclat émouvant.