Ça vaut le coup. Si l’on supporte le récit biographique d’un boxeur dont l’horizon s’arrête au niveau de l’adversaire assommé.
Ce pur produit du cinéma américain en a toutes les qualités. Un casting époustouflant, jusque dans les petits rôles, les silhouettes, la figuration.
Un scénario construit comme un moteur de formule 1 qui démarre en trombe, avec des reprises fulgurantes, toujours en haut régime mais avec des moments pour rétrograder, prendre une mini pause, changer de vitesse, huiler et préciser certaines choses qui sont amenées en temps et en heure avec une maîtrise du rythme, du suspens, le sens du récit qui tient en haleine.
Évidemment ça cogne dur, le sang gicle, les visages se transforment, comme des carrosses, en citrouilles. A toute heure du jour !
La musique et la bande sonore sont extraordinaires, chaque coup résonne, chaque séquence est soutenue par un rythme musical tantôt tonitruant, tantôt minimaliste, parfaitement adéquat.
Il y a juste ce qu’il faut de sentimentalisme, un peu mièvre, mais Rocky peut-il l’être ? Une belle histoire d’amour parce que l’actrice est superbe et excellente : Tessa Thomson qui joue depuis 10 ans mais que maintenant je n’oublierai plus. C’est le deuxième long métrage de Ryan Coogler, mais il réalise comme un super pro : les cadres en particulier, comme il convient pour la boxe, sont d’une précision, d’un à propos parfaits. Même si il y a quelque chose qui tient un peu de l’hommage aux grands films de boxe, je pense à Ali, Raging Bull e.a. et à A million dollar baby.
Bref, ça vaut la peine de se taper ce film, on en prend plein la gueule.