A visionner à cette adresse : https://www.youtube.com/watch?v=KM1ZhvZ_ls4
Une voix off de femme nous explique le défi de ce film, témoigner d’une aventure peu ordinaire, en solitaire dans la forêt amazonienne. Le défi est de la parcourir à pied, en Guyane française, du Nord au Sud, sur une distance de 200 km pour rejoindre une ville totalement isolée, Saül, dans le canton de Maripasoula bien connu et habité par 300 personnes. Ce village isolé du monde est localisé à la source des rivières de Guyane et il a été créé par des orpailleurs, comme il en existe encore ici et là.
Entreprendre cette expédition seul, en portant tout son équipement, relève d’une démarche singulière : se perdre sur la carte et se perdre en soi.
Le réalisateur, caméraman, marcheur, commentateur, nous invite à le suivre, sans aucun formalisme. Il se film comme il parle, de façon déstructurée, en dehors de toute convention académique.
Petit à petit il nous partage son sentiment de vulnérabilité, pour des questions matérielles, d’équipement, mais aussi parce qu’il croise des cochons des bois, des caïmans, des singes, des guêpes, un jaguar qui n’a pas l’allure d’une limousine !
Progressivement il se sent devenir un animal comme les autres, sans cesse aux aguets. Il apprend à oser.
Ce récit fascine par sa singularité formelle autant que par l’ambition physique, mentale et philosophique dans lequel il nous entraîne, pas à pas.
Et le cinéma se trouve à nouveau justifié comme fenêtre sur un monde inaccessible et envoûtant.