Elle fait long feu, hélas. Car les ingrédients sont alléchants : une brigade de gendarmerie de province, un gendarme corse qui y est affecté suite à des difficultés disciplinaires, une psychologue de la gendarmerie, en visite. Et une population d’agriculteurs forts fâchés par les chasses aux sangliers qui enrichissent certains et détruisent les cultures des autres. Nous apprenons ainsi que l’agrainage est une pratique cynégétique consistant à nourrir des animaux sauvages. L’agrainage dit « de dissuasion » des sangliers, est terriblement réglementé et source de conflits féroces comme ici en Argonne, région située entre la Lorraine et la Champagne. Région qui a bénéficié du reboisement à titre de « forêt de guerre ». Varennes est l’une des villes où s’arrêter… Le sens premier de ce toponyme est « terrain ou il est interdit de chasser ou de pêcher sans la permission du seigneur ». Et dans ces belles forêts, nous verrons que la question se discute encore.
Tout ce petit monde nous est dévoilé de scènes en scènes, de façon amusante, avec un soupçon de mystère, des grandes gueules et des rodomontades.
Malheureusement très vite, l’on a l’impression de tourner en rond entre ces différentes rivalités, les différents styles entremêlés avec plus ou moins de bonheur.
Pour son premier long métrage, cette réalisatrice a bénéficié d’un casting de qualité et de moyens importants sans toute fois provoquer une espèce d’explosion, sauf peut-être dans la dernière séquence qui se veut un métaphore du désir véhément qu’expriment les sangliers.