Gueule d’argile. Celle de notre personnage principal est le visage d’un bel homme, un acteur accédant à la célébrité. Ravi de son succès, il séduit une superbe femme et ils passent ensemble une nuit de rêve. Mais le cauchemar commence lorsque qu’il apprend que cette dame est la compagne d’un chef de la mafia locale, particulièrement cruel. Et notre beau gosse se fera défigurer. Autant prévenir : ces images sont d’une violence d’autant plus spectaculaire qu’il s’agit du visage !
Ensuite, une rencontre avec une autre dame, ravissante, médecin, chercheuse, lui donne l’espoir de se refaire un visage socialement acceptable. Et nous voilà embarqués dans une folle et incroyable aventure de reconstructions faciales aux multiples aspects, ce qui permettra à notre héros de se venger, et de très cruelle façon.
De ce réalisateur, j’avais commenté déjà Speak No Evil (1543) une histoire d’aglossie congénitale, mais qui s’appuyait sur une ambiance familiale, en vacances. Ici, c’est un monde adulte et cruel, celui de Gotham City (la ville imaginaire des histoires de Batman) qui sert de fond de sauce à un plat particulièrement épicé.
Pour notre commune information, il faut savoir que c’est une production DC Comics. Les initiales « DC » sont une abréviation de « Detective Comics ». DC comporte plusieurs filiales, notamment Vertigo, dévolue au fantastique, et Wildstorm, plutôt dévolue elle, à la science-fiction et aux aventures de super-héros plus modernes. DC est e.a. le creuset de Superman et Batman. Très connue depuis 1935, cette société n’a eu de cesse d’évoluer et de proposer à un lectorat fidèle des histoires qui occupent l’imaginaire, comme les mangas d’aujourd’hui.
L’une de ses particularités est le crossover, cette façon de co-produire des histoires de héros imaginés par des concurrents dont Le Magicien d’Oz est le prototype.
Ici nous sommes dans un univers de cruauté et de violence qualifié par les producteurs de Dieux et Monstres et qui convient mal aux enfants.
Les Comics Clayface sont bien connus déjà car ce sont les ennemis jurés de Batman.
Voilà que le personnage accède à l’écran.
Et je ne peux cacher mon incompréhension devant l’immense succès de ces univers où l’immoralité la plus radicale côtoie la cruauté et le sadisme à son paroxysme. Un cinéma qui pose une grave question, celle de son influence désastreuse sur les esprits qui s’en délectent.