La boule noire est, avec la boule blanche, un instrument de vote qui permet de blackbouler ou non un candidat.
Ce vote a lieu dans un endroit absolument somptueux qui connaîtra un événement particulièrement spectaculaire.
Le titre est aussi celui d’une pièce de théâtre inachevée de Federico García Lorca, l’auteur espagnol iconique qui sera évoqué brillamment, e.a. dans un échange qui se déroulera dans une bibliothèque.
L’histoire du film est inspirée elle, par une autre pièce de théâtre, La piedra oscura d’Alberto Conejero qui contribua à l’écriture du scénario du film.
C’est un tel vote, par boules blanches ou noires, qui sera central dans la biographie d’un des nombreux personnages du film, Carlos, refusé à cause de son homosexualité.
Rafael Rodriguez Rapún, soldat républicain, mort en 1937 durant la Guerre d’Espagne, fût le dernier compagnon de Federico García Lorca exécuté lui en 1936.
Rafael aura une liaison avec Sebastián, un soldat nationaliste lui.
Le récit se déroule durant trois époques entremêlées, 1932, 1937, 2017 et il suit le destin de ces différents personnages, ce qui en rend la compréhension très complexe, dans une mise en scène baroque, fastueuse et dans une ambiance liée à l’homosexualité masculine.
Ce film choral a aussi une vertu importante, c’est de rappeler l’abomination que fût la Guerre d’Espagne.
Alberto, personnage contemporain, est historien, homosexuel aussi, qui n’a jamais connu son grand-père parce que sa mère l’ayant traité de fasciste, l’ambiance familiale a été perturbée. Ce qui n’empêchera pas le petit-fils d’hériter de son grand-père.
Tous ces éléments de l’histoire complexe qui nous est proposée dans une mise en scène magistrale méritent une attention soutenue pour en apprécier les richesses et les émotions intimes soulevées par les parcours souvent douloureux de ces hommes qui ne peuvent être acceptés pour ce qu’ils sont.
Il y a de nombreuses séquences qui sont comme des courts métrages brillantissimes.
Lorsque c’est avec une prestation de Pénélope Cruz, c’est éblouissant. Certaines sont en noir et blanc pour en accentuer la singularité. D’autres moments sont d’une intense émotion, parfois d’une écrasante solitude, glaçante.
Un film majeur, exceptionnel et qui se mérite. Je vote blanc.