Quelle délicatesse ! Voilà un sujet qui n’est pas banal, la transformation d’un homme en femme et qui est montré avec une subtili-té, un talent admirable.
C’est beau, sensible, très subtilement interprété par des acteurs tous émouvants. Émouvante Alicia Vikander l’épouse, peintre, qui s’efforce, parfois douloureusement, de comprendre intimement ce qui arrive à l’homme qu’elle aime, qu’elle admire et qu’elle soutiendra jusqu’au terme de sa quête d’identité. Eddie Redmayne qui a stupéfié dans Une merveilleuse histoire du temps est ici aussi admirable de nuance, de charme et d’ambiguïté. Même si son sourire très protocolaire, à la longue, agace un peu par le manque de renouvellement des expressions. Mais sans doute est-ce l’état figé d’une personne ne sachant plus à quel genre se vouer.
L’histoire se suit avec bienveillance, sans événement tonitruant, tout est en demi-teinte chez ces peintres en recherche d’un style, d’une personnalité. Les costumes sont superbes, la lumière d’une maitrise admirable, picturale. Et les décors magistraux. Alors citons le Parc Royal et les Galeries Saint-Hubert à Bruxelles, le musée Horta, l’Hôtel Hannon avenue Brugmann, une autre maison Horta avenue Louise, le Falstaff... Pourquoi donc faut-il que ce soient des cinéastes étrangers qui magnifient aussi bien nos trésors de décors ?
Un film tout en finesse et qui plonge dans une grande douleur existentielle, qui nous interroge sur cela qui tient autant de la nature hésitante que du regard que la société porte sur ceux qui sont à la recherche de leur être profond, au péril de leur vie même. Le réalisateur, Tom Hopper avait e.a. réalisé Le discours d’un roi. Nous sommes ici invités à voyager dans la même catégorie de luxe.